Il a vidé les comptes de 154 personnes sans jamais pirater un seul ordinateur. Il appelait leur fournisseur de cellulaire.

Sur le radar — un dossier ressorti par l’émission JE cette semaine, que j’ai remonté jusqu’au jugement pour avoir les vrais chiffres.

Quand on pense « vol de comptes bancaires », on imagine un gars encapuchonné quelque part à l’autre bout du monde. Celui-là opérait de Terrebonne.

Il avait 24 ans. Le jugement le décrit comme le pivot central d’un groupe d’une vingtaine de personnes. Le bilan : 154 victimes au Canada, autour de 700 000 $. Il a écopé de quatre ans. Les faits remontent à 2020-2021, la sentence est tombée en juin 2024 — c’est pas frais, mais le procédé, lui, marche encore exactement pareil aujourd’hui.

Et le procédé, c’est ça qui m’a fait tiquer : il n’a rien piraté. Il achetait des données volées qui traînaient en ligne, pis il téléphonait au service à la clientèle des compagnies de cellulaire en se faisant passer pour le client.

🎯 Comment le piège marche pour vrai

Ça s’appelle le SIM swap. Le fraudeur convainc ton fournisseur de transférer ton numéro sur son appareil à lui. Ton téléphone affiche « Aucun service ». Tu penses à une panne.

Pendant ce temps-là, il va sur ta boîte courriel et il clique sur « mot de passe oublié ». Le code de vérification part par texto — sur son appareil, maintenant. Il change ton mot de passe. Ensuite il refait la même affaire avec ta banque, tes applications, tout ce qui utilise ton courriel ou ton numéro pour la récupération.

Il devine jamais un seul mot de passe. Il en a pas besoin. L’authentification à deux facteurs par SMS le ralentit même pas — c’est justement elle qu’il détourne.

J’ai décortiqué la mécanique au complet, étape par étape, dans un décryptage : Tu ne voles pas son mot de passe. Tu voles son numéro de téléphone.

🚩 Le signe qui aurait dû alerter

Ton cellulaire perd le service d’un coup, en pleine zone couverte, sans raison. Pas dans un ascenseur, pas en région — chez vous, un mardi après-midi. C’est le signal numéro un, et c’est celui que tout le monde interprète comme une panne de réseau.

Deuxième signe : un texto ou un courriel de ton fournisseur confirmant un transfert de ligne ou un changement de carte SIM que t’as jamais demandé.

🆘 Si ça t’arrive

  1. Appelle ton fournisseur d’une autre ligne, tout de suite. Le téléphone d’un voisin, celui de ton conjoint. Demande si un transfert a été demandé sur ton compte.
  2. Change le mot de passe de ton courriel principal à partir d’un ordinateur, pas du téléphone.
  3. Enlève ton numéro de cellulaire comme méthode de récupération sur ce courriel-là. C’est le geste qui casse la chaîne.
  4. Appelle ta banque pour faire bloquer les comptes et vérifier les transactions.
  5. Signale au Centre antifraude du Canada : 1-888-495-8501.

📚 Ressources utiles

  • Centre antifraude du Canada : 1-888-495-8501
  • Signalement en ligne : antifraudcentre-centreantifraude.ca
  • Équifax Canada (gel de crédit) : 1-800-465-7166
  • TransUnion Canada (gel de crédit) : 1-800-663-9980

Ça t’est déjà arrivé? Écris-moi. Ça pourrait devenir le prochain cas sur le radar — en gardant ton nom pour moi.


« Sur le radar », c’est ma section de veille : des arnaques que je repère en ligne (Reddit, forums, alertes) et que je te réécris au clair. Cette histoire-ci, je ne l’ai pas vécue — je l’ai repérée et remontée pour toi, sans le nom ni les détails de la personne. Je la publie pour que tu reconnaisses le piège avant d’y goûter.

Écrit par Éric, technicien informatique depuis 27 ans, fondateur de Bcisolutions et créateur de protecteurnumerique.com.

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